Si les principales métropoles du Cameroun disposent déjà d’infrastructures pour la collecte des déchets, les capacités de tri et traitement sont plus modestes, voire inexistantes, dans les villes moyennes. Le gouvernement camerounais a confié à setec une étude pour évaluer les besoins et proposer des solutions opérationnelles pour ces collectivités.
« Nous avons d’abord posé un diagnostic différencié, avec une projection à 20 ans : certaines villes connaissent déjà une croissance démographique rapide, dans d’autres les quantités de déchets resteront plus limitées », rapporte Karine Escande, directrice de projet au sein de setec énergie environnement.
L’enjeu a ensuite été de définir les infrastructures adaptées à ces différents besoins, avec des feuilles de route adaptées à chaque ville. « Le rapport final, livré en 2025, propose une solution modulaire, qui permet d’augmenter progressivement les capacités de tri et de valorisation, selon l’évolution de la population, poursuit Karine Escande. Cette approche phasée permet à la collectivité de former des équipes aux outils de collecte et de tri sur de petits volumes, avant d’augmenter si besoin les quantités. » Au plan financier, la méthode présente également l’avantage de lisser les investissements dans le temps, et d’optimiser les coûts d’exploitation.
Le rapport de setec pose aussi les bases d’une stratégie de valorisation de ces déchets, pour l’essentiel organiques. « Le Cameroun est un pays agricole, où il existe des initiatives déjà avancées de compostage : nous avons étudié la faisabilité d’une diffusion de ces pratiques à l’échelle nationale pour produire un compost local, en alternative aux engrais chimiques importés de l’étranger », indique Karine Escande.