Recréer des terres fertiles sur d’anciennes routes et barrières de péages : c’est le projet piloté par setec pour le compte de la Sanef, dans le cadre du passage de l’A13 en flux libre.
Entre Paris et la Normandie, la destruction des péages de l’A13 et des infrastructures associées permet de rendre 28 hectares à la nature. Le groupe autoroutier Sanef a confié à setec une mission pour expérimenter la création de sols fertiles sur une partie de ces surfaces imperméabilisées, avant d’engager un programme de régénération à plus grande échelle. « L’objectif était d’adopter une approche vertueuse en termes de ressources, en évitant d’importer de la terre végétale issue de terres agricoles. Notre proposition a été d’organiser le traitement des sols sur place, en y incluant les matériaux inertes issus des démolitions pour limiter aussi les flux sortants », explique Xavier Fresneau, chef de projet pour setec international.
Deux sites pilotes sont identifiés, à Buchelay dans les Yvelines, et Dozulé dans le Calvados. Après décapage et export des enrobés et des bitumes, les équipes setec retravaillent les sols en place, principalement des déblais inertes. Ce travail inclut l’ajout de compost produit à partir de déchets verts sur le premier horizon de 30 cm. « Ces apports fournissent les nutriments nécessaires au développement des végétaux. Pour la conception de ces mélanges, nous avons procédé à des analyses pour déterminer le comportement physico-chimique des matériaux en place, et adapter le pourcentage de compostage », détaille Floréane Liège, ingénieure attachée d’études au sein de setec lerm.
Pendant un an et demi, plusieurs formulations sont testées pour déterminer les mélanges les mieux adaptés à chaque site. « Nous avons aussi vérifié les capacités de production de compost des producteurs locaux : la régénération des sols va demander des volumes importants, l’idée est de travailler en circuit court pour améliorer le bilan carbone de la démarche », rapporte Lina Bouvet, cheffe de projets ICPE – Evaluation Environnementale pour setec énergie environnement.
En 2025, les résultats de l’expérimentation ont permis d’élargir la démarche de régénération à quatre sites au total. Chargées de la rédaction des pièces techniques du marché de travaux, les équipes de setec ont pu établir pour chacun de ces sites des préconisations sur les amendements en compost, la réalisation des opérations de mélange et le phasage des plantations : les travaux doivent démarrer à l’été 2026.