Canamarne est un projet d’infrastructure hydraulique mené par setec pour le groupe Aéroports de Paris, visant à sécuriser la gestion des eaux pluviales traitées de la plateforme de Paris-Charles de Gaulle grâce à une canalisation de transfert vers la Marne. À l’interface de défis techniques et de forts enjeux de préservation des milieux naturels, ce chantier d’envergure est présenté ici à travers l’éclairage d’Imane KASSA, ingénieure structures hydrauliques et cheffe de projet chez setec hydratec.

Un projet au service de la qualité des rejets

À l’origine, une partie des eaux pluviales traitées de la plateforme d’ADP était rejetée vers un petit cours d’eau (la Reneuse). Avec l’augmentation des débits et les exigences de protection des milieux, ADP a décidé de mettre en place une canalisation de transfert afin d’orienter ces rejets vers la Marne, un cours d’eau de plus grande capacité.

Une opération de conception-réalisation et un collectif pluridisciplinaire

Canamarne a été mené dans le cadre d’un marché de conception-réalisation. Côté maîtrise d’œuvre, setec hydratec (mandataire MOE cité dans l’interview) a travaillé en co-traitance avec le Cabinet Merlin. Le projet s’inscrit dans un groupement plus large, comprenant notamment les entreprises de travaux SADE et NGE. Des compétences spécialisées ont également été mobilisées, notamment celles de setec terrasol (géotechnique / mission G4 en phase travaux) et Biotope (accompagnement environnemental).

Chiffres clés et choix techniques

« Le projet représente 9,4 km de canalisation de transfert, avec des diamètres de 1 000 à 1 800 mm, permettant d’acheminer gravitairement les eaux pluviales traitées de la plateforme aéroportuaire vers la Marne… Le débit de projet atteint 1,8 m³/s, pour une pente particulièrement faible de l’ordre de 0,2 % », précise Imane.

Le tracé combine des séquences en tranchée ouverte et des portions en technique sans tranchée du Microtunnel, avec de nombreux ouvrages génie civil associés (puits, regards, stations de mesures).

Enjeux environnementaux : intervenir en forêt et en zones humides

L’un des marqueurs forts de Canamarne est la sensibilité des milieux traversés : forêt, zones humides et présence d’espèces protégées. Imane souligne l’importance de méthodologies adaptées pour limiter les impacts en phase travaux, encadrer les interventions et assurer une remise en état compatible avec les objectifs de préservation. « Le plus marquant, c’est de travailler en milieu sensible : forêt, zones humides, protection d’espèces protégées… Il faut bien cadrer les interventions et être très rigoureux sur la remise en état. »

 

Retour d’expérience : coordination et dynamique d’équipe

Au-delà de la technique, l’organisation a été un enjeu en soi : multiplicité des parties prenantes, séquencement des phases, et coordination entre méthodes d’exécution. À certains moments, le projet a rassemblé plus de 100 personnes (encadrement et équipes de production). Pour imane, le souvenir marquant reste « cette dimension collective, ainsi que l’intégration rapide dans une équipe projet déjà structurée, permettant d’assurer efficacement le rôle de mandataire MOE côté setec hydratec, en collaboration avec mon collègue Benjamin Destison, directeur de projet. »